Photo : Des colons israéliens attaquent des maisons palestiniennes aux alentours de Burin, sud de Naplouse en Cisjordanie occupée, le 16 mai 2026 © Al-Jarmaq News
Lundi, des colons israéliens ont mené une vague d’attaques dans plusieurs villes et villages palestiniens de la Cisjordanie occupée, intensifiant ainsi une campagne de violence et d’intimidation menée sous la protection de l’armée israélienne.
Dans la ville de Sinjil, au nord-est de Ramallah, des colons se sont rassemblés à l’entrée de la ville et près des routes menant à des terres agricoles palestiniennes privées, où ils ont récité des prières talmudiques et accompli des rituels religieux pour la deuxième journée consécutive, dans le cadre d’une provocation délibérée visant à empêcher les Palestiniens d’accéder à leurs terres.
« Il était prévu que nous nous rendions aujourd’hui labourer les terres de la zone nord, qui sont la propriété privée des habitants de Sinjil, lesquels ont été empêchés d’y accéder depuis le début de la guerre contre Gaza », a déclaré le maire de Sinjil, Mutaz Tawafsha, à The New Arab.
Il a précisé que les habitants avaient coordonné à l’avance leur accès aux terres agricoles par l’intermédiaire du Bureau de liaison israélien et s’étaient vu attribuer une date pour cultiver ces terres.
« Cependant, nous avons été surpris par des rassemblements de colons à l’entrée de la ville, près de la route menant à ces terres. Ils se sont également rassemblés à l’entrée de la mairie, où ils ont accompli leurs rituels religieux et récité des prières talmudiques, dans ce qui semblait être une tentative de provoquer les habitants et de créer des tensions et des affrontements », a-t-il déclaré.
« Cela semblait être une tentative manifeste d’entraver l’accès des habitants et de les empêcher d’exercer leur droit naturel d’accéder à leurs terres et de les cultiver. »
Des soldats israéliens ont empêché les agriculteurs et les habitants palestiniens d’accéder à la zone tandis que les colons se rassemblaient sous protection militaire.
M. Tawafsha a déclaré que ces attaques reflétaient la réalité quotidienne à laquelle sont confrontés les Palestiniens sous occupation.
« Ce qui se passe reflète les défis quotidiens auxquels notre peuple est confronté et renforce notre responsabilité de rester fermes sur notre terre, de la protéger et de défendre l’accès et la culture de celle-ci par ses propriétaires légitimes », a-t-il ajouté.
Dimanche, des colons avaient récité des prières talmudiques similaires tout en tentant d’empêcher les agriculteurs d’atteindre leurs terres agricoles, dans le cadre des efforts continus visant à s’emparer du territoire autour de la ville.
Dans le gouvernorat de Bethléem, des colons armés à bord de motos tout-terrain ont pris d’assaut le village d’Abu Njeim, au sud-est de la ville, pénétrant dans des zones résidentielles et tentant de terroriser les habitants par une conduite imprudente, des intimidations et des nuisances sonores.
À Hébron, des colons ont lancé des cocktails Molotov sur une bergerie et un four dans la zone de Wadi al-Rakhim, au sud de la ville, mettant le feu aux deux, selon des vidéos circulant en ligne.
Des colons ont également attaqué le domicile du résident palestinien Riyad Shanaran sous la protection de soldats israéliens, provoquant un incendie qui a blessé M. Shanaran alors qu’il tentait d’éteindre les flammes.
Ailleurs en Cisjordanie occupée, des colons ont vandalisé des biens palestiniens et déraciné des oliviers.
Selon l’organisation Al-Baydar, des colons ont abattu des oliviers à Taybeh, à l’est de Ramallah, tout en prenant d’assaut la communauté voisine d’Abu Faza’ al-Kaabneh et en harcelant des enfants palestiniens sur le chemin de l’école.
Ces attaques surviennent dans un contexte d’escalade des attaques visant les villages et les biens palestiniens, alors que des rumeurs font état d’une coordination sur le terrain entre les forces israéliennes et des groupes de colons dans diverses zones de Cisjordanie.
Lundi également, les troupes israéliennes ont mené des raids dans les villes de Beit Sahour et d’al-Khader, ainsi que dans le village de Khallet al-Louza, tandis que des soldats ont également pris d’assaut le village d’al-Walaja et se sont déployés à son entrée principale.
Dans le nord de la Cisjordanie, les forces israéliennes ont rasé au bulldozer des terres palestiniennes plantées d’oliviers dans la région d’Azzun, à l’est de Qalqilya.
Soutenus par des véhicules militaires, des soldats ont pénétré dans la région de Mahjar et déraciné des oliviers sur environ 500 mètres carrés de terrain près de la colonie illégale de Ma’ale Shomron.
La violence des colons israéliens et de l’armée dans la Cisjordanie occupée s’est fortement intensifiée ces dernières années, en particulier depuis le début de la guerre d’Israël contre Gaza en octobre 2023, puis à nouveau lors de la guerre conjointe américano-israélienne contre l’Iran au début de cette année.
Les attaques de colons ont tué et blessé des Palestiniens, détruit des maisons, des fermes et des moyens de subsistance, et déplacé de force des communautés entières.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), le mois de mars 2026 a enregistré le plus haut niveau de violence des colons en Cisjordanie occupée depuis 20 ans.
Au moins 4 700 Palestiniens ont été déplacés par les attaques de colons et les violences qui en découlent depuis le début de l’année 2026, dont environ 1 700 rien que cette année.
Entre 700 000 et 750 000 colons israéliens vivent actuellement dans les colonies et les avant-postes de la Cisjordanie occupée, tous considérés comme illégaux au regard du droit international.
Depuis son retour au pouvoir en décembre 2022, le gouvernement d’extrême droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu a accéléré l’expansion des colonies sur l’ensemble du territoire occupé, malgré une condamnation internationale généralisée.
Traduction : AFPS




